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  • Service d'avertissement IRBAB

    Guide de la betterave


    Source : KBIVB - IRBAB
  • JAUNISSE



    Champ de betteraves relativement infecté par la maladie virale de la jaunisse
    vers le mois de juillet


    Champ de betteaves gravement infecté par la malaidie virale de la jaunisse, vers le mois de septembre

    Symptôme de jaunisse occasionné par le virus de la jaunisse grave

    Symptôme de jaunisse virale occasionné par le virus de la jaunisse modérée
    Groupe : Luteovirus (BMYV)
    Closterovirus (BYV)
    Nom Néerlandais : Zwak vergelingsvirus: Sterk vergelingsvirus
    Nom Français : Jaunisse modérée; Jaunisse grave
    Nom Anglais : Beet mild yellows virus; Beet yellows virus
    Nom Allemand : Viröse Vergilbungen

    Généralités

    La jaunisse de la betterave, maladie d'origine virale, a été jusque vers le début des années '90 la plus grave de toutes les maladies observées en Belgique en culture de betterave.

    Cumulées à d'autres facteurs, les pertes occasionnées en Belgique par la jaunisse de la betterave ont été particulièrement graves en 1938 et en 1947. Dans les cas les plus graves, les pertes de rendement en racines ont atteint alors les 50 %. Le problème de la jaunisse virale s'est fortement réduit depuis ces dernières années suite à l'utilisation à grande échelle d'un insecticide systémique appliqué dans l'enrobage des graines de betterave (imidaclopride). Ce produit permet de contrôler efficacement les populations de pucerons qui transmettent, par leurs piqûres, la maladie dans les champs de betteraves.

    Deux virus bien distincts sont responsables du symptôme de la jaunisse de la betterave. Ce sont:

    - le virus de la jaunisse grave,

    - le virus de la jaunisse modérée.

    Le virus de la jaunisse grave (en anglais: Beet yellows virus - BYV) est un virus à particules allongées, d'environ 1.250 nanomètres de long. Ce virus, décrit en 1936 par Georges ROLAND (ingénieur agronome à l'IRBAB), appartient au groupe des clostérovirus. Il est transmis par pucerons selon le mode semi-persistant. Ce virus est transmis par les principales espèces de pucerons rencontrées sur betteraves.

    Il doit son appellation de 'jaunisse grave' au fait qu'il est responsable du symptôme de la gravure sur les feuilles de betteraves infectées (décolorations initialement observées au niveau des nervures).

    Le virus de la jaunisse modérée (en anglais: Beet mild yellows virus - BMYV) est un virus à particules sphériques, d'environ 26 nanomètres de diamètre. Ce virus appartient au groupe des lutéovirus et est sérologiquement apparenté au Beet western yellows virus (BWYV). Le virus de la jaunisse modérée de la betterave est transmis par pucerons selon le mode persistant. Ce virus est principalement transmis par le puceron vert du pêcher (Myzus persicae), et n'est pas transmis par le puceron noir de la fève (Aphis fabae).

    Symptômes

    A partir de la fin juin et jusqu'à la récolte, des ronds de jaunisse constituées de betteraves dont la couleur des feuilles varie du jaune-clair au jaune-orange apparaissent (Figure 3.52.) et se développent dans les champs (Figure 3.53.).

    Les feuilles s'épaississent et deviennent cassantes. La maladie se dissémine plus ou moins rapidement dans toute la parcelle à partir des premiers foyers.

    Le virus de la jaunisse grave provoque d'abord l'apparition de minuscules points clairs au niveau du limbe, suivis d'un éclaircissement des nervures secondaires et donnant finalement naissance à des taches jaune-citron (Figure 3.54.).
    A un stade ultérieur, ces taches virent à un brun-doré plus ou moins rougeâtre (nécrose). Dans certains cas, l'un ou l'autre des symptômes mentionnés ci-dessus fait défaut. On observe cependant toujours la coloration jaune à brun des feuilles.

    Le virus de la jaunisse modérée provoque en premier lieu une coloration jaune intense en bordure des feuilles qui s'étend ensuite entre les nervures et qui peut tendre vers l'orange (Figure 3.55.). L'apparition ultérieure de taches brunes est provoquée par l'installation de champignons de faiblesse (Alternaria sp.) sur les feuilles atteintes (Figure 3.67.).

    Les deux virus coexistent souvent dans un champ et même dans une même plante, ce qui rend leur identification difficile.

    Biologie

    Les deux virus responsable de la jaunisse sont transmis aux betteraves par le puceron vert du pêcher (Myzus persicae), mais également par quelques autres espèces de pucerons verts comme par exemple le puceron de l'échalote (Myzus ascalonicus) et le puceron de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae).

    Les pucerons deviennent virulifères après avoir ingéré des particules virales sur des plantes infectées.
    Ces plantes hôtes infectées sont des betteraves fourragères (et sucrières) conservées en silo, des betteraves potagères conservées avec leurs repousses, des repousses de betteraves abandonnées à la récolte, des épinards d'hiver et diverses mauvaises herbes (mouron des oiseaux, séneçon, capselle bourse-à-pasteur).

    Une seule piqûre d'alimentation faite par le puceron au départ d'une plante infectée suffit pour que la maladie soit transmise. Le virus se multiplie ensuite dans les tissus foliaires. Les particules virales sont véhiculées par la suite dans toute la plante, via les vaisseaux conducteurs dans lesquels leur infection provoque des obturations.

    Prévention et lutte

    Les premières précautions à prendre pour lutter contre la jaunisse sont d'éliminer tous les silos de betteraves avant le 1er mai (mesure légale obligatoire en Belgique) et de détruire ou d'enfouir les repousses de betteraves abandonnées au champ. Le betteravier limitera ainsi sérieusement le risque d'une infection précoce par la jaunisse. Le plus important sera ensuite de contrôler les populations de pucerons vecteurs dans les champs.

    Au niveau de l'agriculteur, trois techniques de lutte sont utilisables. Ce sont :

    - la lutte préventive par l'utilisation de graines traitées avec un insecticide systémique dans l'enrobage (imidaclopride). Cette technique présente de loin les meilleurs résultats d'efficacité et de rémanence.

    - la lutte préventive par l'application, lors du semis, d'insecticides micro-granulés à longue rémanence, adaptés à la lutte contre les pucerons vecteurs de la jaunisse,

    - la lutte curative par des pulvérisations à base de produits aphicides.

    Les betteraviers sont avisés de la nécessité d'un traitement grâce au répondeur automatique de l'IRBAB, par les services agronomiques des sucreries, par les journaux agricoles et par Internet (Agris). L'avis de traitement est donné lorsque le nombre de pucerons vecteurs arrive à un seuil critique qui correspond au seuil de rentabilité du traitement (cfr "Puceron vert du pêcher"). Le traitement aphicide perd de sa rentabilité s'il est effectué trop tard, soit plus de 8 à 10 jours après l'avertissement. Il est totalement injustifié s'il est effectué avant la diffusion de ces avis.


    Source : KBIVB - IRBAB
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